Samoa le Baroudeur en mer Cantabrique


Samoa est un petit voilier. Il a été construit chez Jeanneau, aux Herbiers, en Vendée. C'est un "Baroudeur". Sa longueur est de 7,20 mètres. Il a une coque dite "à quille longue". Le gouvernail est placé à l'extérieur et est actionné par une barre franche. Il a un petit moteur Diesel de 11 chevaux. Le moteur est indispensable pour les manœuvres dans les ports ou pour la navigation en mer quand il n'y a pas de vent !

Samoa le Baroudeur
Samoa le Baroudeur

C'est Samoa qui a emmené quatre aventuriers pendant une semaine en mer Cantabrique. Les trois premiers : Eric Denamiel, René Legal et Laurent Tutrice ont déjà le tempérament marin bien ancré. Le dernier aventurier, Christophe Perrin, est venu découvrir la navigation. D'emblée les rôles sont attribués : Eric qui est skipper professionnel sera le capitaine, René le bosco, Laurent le matelot et Christophe le mousse !

Itinéraire de Samoa

Le départ s'est fait du port de Capbreton. C'est un port de pêche et de plaisance qui se trouve sur la côte des Landes, près de l'étang d'Hossegor, au nord de Bayonne. Cette côte est très sablonneuse.

A la sortie du port il faut franchir la difficile barre levée par le vent et par un banc de sable qui se ballade au gré des marées et des tempêtes. Le capitaine Eric tient la barre d'une main de maître et en quelques minutes nous voilà en mer.

On applaudit : "Bravo Capitaine" ! On hisse les voiles… En route, cap au sud vers l'Espagne (photo ci-dessous) à plus de 6 noeuds !

En route vers l'Espagne

 

 

 

 

 

La carte ci-dessus montre l'itinéraire que va suivre Samoa. Il va d'abord passer au dessus d'une fosse sous-marine très profonde (plus de 1000 m) appelée "Gouf de Capbreton". Puis il naviguera au fond du redoutable Golfe de Gascogne, sur une mer connue sous le nom de "Mer Cantabrique".

Mais, en attendant, il faut y aller ! L'Espagne est encore loin et notre petit voilier fait ce qu'il peut. Il avance vaillamment mais quand la nuit commence à tomber, il faut faire escale à Hendaye, dernier port français avant la frontière espagnole.

Christophe, qui a des copains partout, téléphone à Stéphane et à Sabine Maillert-Depez qui viennent nous retrouver au ponton avec leur chien, un superbe labrador  ! On décide d'aller faire plus ample connaissance dans un café sur les quais avant d'y déguster des pizzas. Le bavardage se prolonge, on se couche un peu tard.

Le lendemain matin le programme est classique : petit déjeuner, toilette au bloc sanitaire du port, courses rapides pour le repas de midi en mer. Nourrir quatre marins ne pose pas de grands problèmes, des sandwiches et des fruits suffiront !

Et c'est le départ malgré le brouillard et une petite pluie. Mais bientôt le vent se lève et se met à tournoyer devant le redoutable cap Higuer. La mer se creuse. Christophe se sent pâle tout à coup et va s'allonger. On lui pardonne, c'est le moins amariné des quatre et il fait montre de beaucoup de courage.

En fin d'après-midi, après un long détour en mer pour profiter du bateau, on arrive enfin à la belle ville de San Sebastian.

Le calme du port contraste avec la mer agitée sur laquelle nous naviguions il y a un instant. La rade, protégée par l'île de Santa Clara et la pointe Calabaca est magnifique. Le soir les lumières de la ville et de la promenade le long du front de mer lui donnent un décor féerique.

Laurent à bord de Samoa dans le port de San Sebastian

Le retour sur la terre ferme remet Christophe sur pied. Il dit connaître l'association des sourds de San Sebastian. Et nous voilà tous les quatre en ville, arpentant de belles avenues, quémandant notre chemin dans un mauvais espagnol. Et miracle, on trouve le local de l'association ! On y est bien reçus. On a du mal à nous croire quand on raconte qu'on est venus en bateau ! Grâce à la Langue des Signes, les bavardages passent sans grande difficulté.

Mais il faut quitter nos amis espagnols car c'est bientôt l'heure de fermeture du local de l'association. Comme il n'est pas encore très tard, nous allons dans un bar manger des tapas. C'est René qui en fait la plus grande consommation. Une promenade en ville suit, puis le repas du soir dans un restaurant typique… Et encore une fois l'équipage se couche tard dans le bateau bercé par quelques vagues très affaiblies venues achever leur longue et mystérieuse course océanique tout au fond du port de San Sebastian …

Christophe et le noeud de chaise

Le matin du troisième jour on dit au revoir à San Sebastian. Samoa double l'île Santa Clara et se retrouve à nouveau en mer. Le temps est redevenu meilleur. Le mousse Christophe se sent bien. On en profite pour parfaire son apprentissage de marin en lui enseignant quelques nœuds dont le célèbre "nœud de chaise" (photo ci-contre) sous le regard du bosco René.

Cette journée en mer permet à chacun de tenir la barre de Samoa. Le capitaine Eric surveille la manœuvre. Il faut garder le cap, sentir le vent, vérifier la tenue des voiles. Chacun peut se rendre compte qu'il faut une certaine expérience pour bien savoir barrer.

En fin d'après-midi c'est l'arrivée à Saint Jean-de-Luz. Samoa est au portant. Le vent pousse le bateau et lève une houle qui vient se briser en grandes gerbes d'écume sur la digue des Criquas (photo ci-dessous). Mais tout va bien et nous amarrons bientôt Samoa dans la minuscule marina de Ciboure. Vagues se brisant sur la digue des Criquas


Le soir voit l'équipage déambuler sur le port de pêche, notamment sur le quai de l'Infante où se trouvent de belles maisons à colombages.

Le lendemain, René doit quitter le bateau. Nous l'accompagnons à la gare où il prend un TGV. L'équipage se trouve réduit à trois. Laurent est alors promu bosco et Christophe gagne ses galons de matelot ! Puis Samoa quitte la marina de Ciboure. La journée se passe encore en mer et le soir nous gagnons le port d'Hendaye.

Eric et Christophe à la barreTôt le lendemain matin, nous sommes à nouveau en mer ! C'est la vie des marins : toujours en mer ! Nous revenons dans la baie de Saint Jean-de-Luz et nous jetons l'ancre derrière la digue des Criquas. Nous en profitons pour nous baigner bien que l'eau soit froide car il y a du vent.

Puis on lève l'ancre et, toutes voiles dehors, nous naviguons jusqu'à Anglet. Pour accéder à ce port, il faut embouquer la rivière Adour et remonter son estuaire. Le capitaine Eric assure la manoeuvre sous le regard attentif de Christophe. Ils sont tellement sérieux et ont tellement de carrure que la photo s'impose (ci-contre !).

Au port d'Anglet on retrouve Stéphane et Sabine. Ils étaient venus nous attendre à la marina. Ils nous invitent gentiment à prendre l'apéritif chez eux. Invitation acceptée !

Le sixième et dernier jour il faut, hélas, ramener Samoa à Capbreton car la semaine se termine. Le lendemain est un dimanche et c'est jour de repos, à l'image du Créateur qui se reposa de son œuvre le septième jour ! Dommage, l'équipage s'entendait bien et se plaisait à bord.
Stéphane

Comme il y a une place disponible, Stéphane (photo ci-contre) est invité à bord de Samoa jusqu'à Capbreton. C'est son tour de tenir le rôle de mousse ! Il s'en acquittera fort bien.

Et c'est ainsi que, grâce à la main ferme du capitaine Eric, on franchit à nouveau la redoutable barre à l'entrée de Capbreton. Revoici le port d'attache. Samoa retrouve son ponton et ses amarres.

A regret, il faut quitter le voilier.

Au revoir Samoa le Baroudeur ! On se plaisait bien à ton bord !! 

 

Un très grand merci à Marc Duret, propriétaire de Samoa
qui a gentiment mis son voilier à notre disposition.


 

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